Total War ROME II-RELOADED

Total War : Rome II
  • Total War : Rome II
  • 3 septembre 2013
  • Sega
  • The Creative Assembly
  • Wargame
  • 8 joueurs en ligne
  • Windows XP/Vista/7/8 ; Processeur Intel Dual Core 2 GHz ou Processeur Intel Single Core 2.6 GHz ; 2 Go de RAM ; Carte graphique 512 Mo compatible DirectX 9.0c ; 35 Go d'espace disque disponible ;
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Description

Total War : Rome 2 est la suite d'un des plus populaires épisodes de la série Total War. Il remet au goût du jour l'Histoire de la Rome républicaine et impériale en reprenant / améliorant le moteur graphique déjà exploité sur Total War : Shogun 2.

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Les trompettes résonnent à l'horizon, la campagne vibre au rythme des pas de milliers de soldats impatients d'en découdre, pas de doute, Total War est de retour ! Affûtez vos glaives légionnaires, sortez les jupettes et les sandales, direction l'Antiquité. En effet, après des années d'attente, The Creative Assembly a choisi d'écouter les fans en revenant à Rome pour la première fois depuis 2004. Mais un tel engouement autour d'un projet est à double tranchant puisque les joueurs n'en seront que plus exigeants. Dès lors, deux hypothèses sont possibles : Rome 2 est le jeu de stratégie de l'année ou une grosse déception.

A première vue, Total War : Rome 2 ne devrait pas dépayser les fans de la série. On y retrouve donc tous les ingrédients qui ont fait son succès par le passé, à commencer par ce mélange subtil entre des phases de wargame au tour par tour et des batailles épiques opposant en temps réel des milliers d'unités sur un même champ de bataille. Heureusement, quelques nouveautés ont été implémentées afin de rendre le jeu plus profond, plus intéressant et surtout plus réaliste. Pour les découvrir, le joueur est tout d'abord invité à compléter un didacticiel pas mal foutu dans lequel il s'agit de revivre sur environ 2 heures les prémices de l'expansion romaine.

Sur fond de guerre samnite, on retrouve donc avec plaisir certains mécanismes disparus depuis le premier Rome : Total War, mais aussi des éléments complètement inédits. Parmi ces derniers, l'organisation en régions est sans doute la plus marquante. En somme, les villes ne sont plus totalement indépendantes mais fonctionnent toujours par groupes de 2, 3 ou 4. Les constructions doivent donc être gérées avec cela en tête, le but étant de trouver le parfait mélange entre l'agriculture, le commerce, la culture et l'armée dans chaque région. Et croyez-moi, les choses ne sont pas toujours simples. En effet, il est rare de contrôler toutes les villes d'une même zone, ce qui implique des différences culturelles, des tensions politiques et par conséquent des pénalités sur l'ordre public. On pourrait alors tenter de partir en guerre afin de conquérir les terres manquantes, mais les conséquences sur l'agitation seraient terribles. Si on peut se demander comment une conquête en Sicile peut inciter des habitants de Brindisi à se rebeller, il faut avouer que cette organisation rend plus intéressante la partie gestion et impose souvent de prendre son temps avant de partir à l'attaque. Par exemple, quand on dispose de 2 villes axées sur la production culturelle aux dépens de l'agriculture, il peut être dangereux d'en attaquer une autre sans y avoir envoyé un espion au préalable. Il serait en effet dommage de plonger l'empire entier dans la famine en conquérant une nouvelle cité consommant le peu de rations encore disponibles.

Mais cette organisation peut aussi simplifier les choses parfois. Ainsi, la conversion culturelle est gérée au niveau régional, ce qui peut être à l'origine d'un léger effet tampon sur l'ordre public après une conquête. De même, une fois une région intégralement contrôlée, il est possible d'y mettre en place un édit octroyant divers avantages de productivité dans un domaine donné, d'ordre public ou de croissance démographique. Notons que ce dernier point est essentiel pour développer une ville puisqu'un bâtiment ne peut être construit que lorsque certains seuils de population sont atteints. Bref, l'aspect gestion paraît déjà un peu plus complet que dans le premier Rome : Total War tout en étant plus simple à appréhender. Ajoutez à cela le retour du fameux choix post-bataille permettant d'exécuter, libérer ou réduire en esclavage les captifs (ce qui confère un bonus de productivité, mais un malus sur l'ordre public) et vous tenez de quoi vous creuser les méninges.

Et ce n'est pas tout ! La gestion militaire a en effet été complètement revue elle aussi. Il n'y a donc plus d'armée sans général. Les troupes sont recrutées par un seul homme puis lui restent fidèles par la suite. Ne comptez donc pas faire traverser la moitié de la map à des troupes censées renforcer une armée en difficulté, c'est impossible. Ceci étant, on ne perd pas pour autant en manoeuvrabilité puisque les armées peuvent désormais prendre la mer en un éclair. Il suffit ainsi de cliquer sur l'eau pour que les unités embarquent sur des navires de transport, un peu comme dans un Civilization. Mais attention, bien que puissants, ces bateaux ne font pas vraiment le poids face à des vaisseaux équipés pour la guerre. Il devient donc progressivement de plus en plus important de créer des escortes sans quoi il serait facile de perdre une armada complète en mer. Et puisque nous parlons d'armées, notons que celles-ci peuvent désormais bénéficier de traditions militaires (experts en artillerie, au corps-à-corps, etc.) qui sont conservées au fil des siècles. Ainsi, même après une grosse défaite, il est possible de reformer complètement une légion sans perdre ses avantages. Finalement, ce système s'avère plus souple que par le passé, ce qui n'est pas pour nous déplaire.

Vous l'aurez donc compris, les généraux présentent une importance toute particulière. Ils pèsent en effet sur la politique de la faction et peuvent à ce titre vous conférer des avantages. En effet, plus un personnage dispose de gravitas, plus il améliore votre Imperium. Cet indice représente votre poids au sein de la faction et permet le recrutement de plus d'armées et agents, mais aussi la mise en place de plus d'édits. Il convient donc d'élever en priorité les membres de sa famille (en leur faisant faire plus de batailles par exemple), et de discréditer les autres en faisant courir des rumeurs ou carrément en les assassinant. Vous perdrez ainsi des généraux, mais éviterez une guerre civile. Expliqué comme cela, ce concept peut paraître très sympathique, mais dans les faits, on est souvent contraint d'attendre un événement aléatoire pour que de réels changements soient opérés. La politique passe donc malheureusement un peu au second plan.

On peut en dire tout autant de la diplomatie, du moins quand on joue avec Rome. Dans ce cas, il suffit simplement de négocier des routes commerciales puisqu'il est très compliqué d'obtenir des alliances militaires. Si on note l'arrivée d'alliances défensives, on déplore aussi la disparition des paiements sur plusieurs tours. Ceci étant, durant une partie avec les Arvernes, j'ai passé une bonne partie de mes tours à négocier avec les autres peuples afin de créer une grande confédération gauloise. En effet, il est possible d'incorporer les « peuples du même sang » au sein d'une même faction et ainsi de décupler ses forces. Quand on sait que chaque région est contrôlée par un peuple distinct et non par des barbares comme dans le premier opus, il y a là de quoi passer des heures sur l'écran diplomatique. Cela a toutefois un prix : l'augmentation du nombre de régions et de factions impose des changements de tour extrêmement longs.

Mais qui dit Total War, dit avant tout batailles. Là encore, quelques nouveautés très sympathiques ont été implémentées, à commencer par la rupture de la frontière entre les affrontements navals et terrestres. Il est en effet possible de contrôler des bateaux lors d'un siège afin de bombarder les positions ennemies, ou carrément de débarquer des troupes par surprise. L'intérêt stratégique en ressort décuplé, surtout que les maps offrent généralement de nombreuses possibilités tactiques. On apprécie en outre une plus grande variété au niveau des villes que dans Shogun 2 (et c'est peu dire), notamment lors des attaques des mégalopoles comme Rome, Carthage ou Alexandrie. Et pour apprécier tout cela, il est possible de profiter d'une caméra cinématique centrée sur une unité donnée. L'effet lors d'un siège est garanti ! Dans un autre registre, la carte stratégique permet d'avoir un aperçu des forces en présence sous la forme de rectangles de couleur, ce qui offre parfois un point de vue intéressant sur l'action lorsque les troupes sont engagées. Enfin, dernière nouveauté et non des moindres, il est possible de déplacer des groupes d'unités sans modifier leur formation, ce qui devrait sans aucun doute réjouir les fans attendant cette nouveauté depuis des années. Bref, il y a là beaucoup de bonnes idées.

Au niveau du multi, il faut oublier la campagne de l'avatar, puisqu'on a simplement droit ici à des batailles simples classées ou non et à des campagnes traditionnelles. Ce n'est toutefois pas si mal, et à ce stade, ce Total War : Rome 2 se présente comme une franche réussite. Mais nous n'avons pas encore évoqué l'aspect technique ! A première vue, il s'agit d'un titre magnifique et extrêmement détaillé. Les unités sont variées, les grandes villes sont reconstituées à la perfection et beaucoup plus intéressantes à attaquer que les châteaux de Shogun 2, les cartes sont grandes, la végétation est luxuriante, etc. Ceci a toutefois un coût important en matière de ressources et dans mon cas, cela s'est traduit par quelques chutes à 5-6 fps avec une GTX 580, alors que tous les curseurs n'étaient pas poussés à fond. En baissant les options, il est toutefois possible de faire tourner ce Rome 2 sur des configs modestes, mais on perd inévitablement en qualité graphique. Le clipping peut alors être gênant, mais ce n'est pas là le principal problème. J'ai personnellement eu droit à quelques plantages divers et variés intervenant aussi bien sur la carte de campagne que durant les batailles. Evidemment, des mises à jour viendront corriger ces problèmes tôt ou tard, mais en l'état, la stabilité laisse à désirer, ce qui ne peut malheureusement pas être ignoré. Dommage.

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