Moebius Empire Rising-FLT

Moebius : Empire Rising
  • Moebius : Empire Rising
  • 15 avril 2014
  • Phoenix Online Publishing
  • Pinkerton Road
  • Aventure
  • inconnu
  • inconnue
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Description

Moebius : Empire Rising sur PC est un jeu d'aventure point'n click qui suit un certain Malachi Rector. Celui-ci possède une excellente mémoire photographique et travaille autour du globe pour expertiser des pièces d'art. Il est ici embauché par une organisation pour enquêter sur une mort inexpliquée.

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Tout bon fan de point’n click qui se respecte ne pouvait qu’attendre avec la plus grande impatience le nouveau jeu de Jane Jensen, la femme qui se cache derrière les légendaires Gabriel Knight. Le prestige de la licence autant que celui du nom de sa génitrice ne sont d’ailleurs pas des facteurs étrangers au succès rapide du financement participatif ayant conduit Moebius : Empire Rising à voir le jour. La volonté de proposer aux joueurs un retour aux racines du point’n click tout en conservant le savant mélange d’une intrigue oscillant entre ésotérisme et réalité était louable, mais ne dit-on pas que l’enfer est pavé de bonnes intentions ?

Vous incarnez Malachi Rector, blase qui au passage claque quand même nettement moins que Gabriel Knight, antiquaire pas franchement comme les autres de son état. Outre le fait qu’il soit passablement accroc aux antidépresseurs, le gaillard est également pourvu d’une mémoire photographique hors-normes, lui permettant en toutes circonstances d’identifier l’origine des antiquités les plus obscures à la seule force de ses souvenirs. Le type n’oublie rien et dispose également d’une force de déduction imparable, de telle sorte qu’il parvient sans peine à déterminer les traits de caractère de n’importe quel individu à la simple étude de son comportement ou de son apparence physique et vestimentaire. Si ses talents ont fait de lui l’un des antiquaires les plus prisés au monde, ils ont également attiré l’œil d’une agence gouvernementale qui s’empresse de mettre ses dons à contribution afin d’enquêter sur le meurtre d’une jeune femme retrouvée pendue au-dessus des canaux de Venise.

Ne croyez pas pour autant que notre bon Malachi va revêtir l’imper du détective, ce n’est pas là que repose l’intrigue de Moebius. On demandera essentiellement à l’antiquaire de déterminer si le profil de la victime italienne présenterait des similitudes avec quelque figure historique passée à trépas des siècles auparavant. Ainsi serez-vous conduit vers une intrigue dans laquelle il existerait une sorte de standard chez les personnes qui ont changé la face du monde et qui resurgirait chez certains de nos contemporains. Vous découvrirez que les étapes de la vie de la malheureuse défunte correspondent presque trait pour trait à celles de Livia Drusilla, femme d’Auguste César. L'histoire est alors posée et il ne vous faudra pas bien longtemps pour comprendre que ces similitudes ne sont en rien des coïncidences mais qu’au contraire elles impliquent un complot politique à grande échelle. Moebius : Empire Rising propose donc une histoire plutôt intrigante, riche en questions et confronter la réalité historique à une dimension fictionnelle fonctionne plutôt bien. Tout aurait même pu fonctionner sur la durée si le titre n’avait pas été mis à sac par un nombre incalculable de défauts, des plus passables aux plus scandaleux, qui auront malgré eux autant eu raison des zygomatiques que des nerfs de votre serviteur.

Commençons par évoquer l’errance la plus évidente de Moebius : Empire Rising, celle qui vous sautera aux yeux immédiatement, qui vous arrachera pas mal d’éclats de rire avant que vous ne vous posiez sérieusement la question de savoir comment le jeu a pu en arriver là, aussi faible soit le budget qui lui a été alloué : l’animation des personnages. Plus que ratée, elle confine carrément au ridicule à tel point qu’elle a pour effet de décrédibiliser certaines scènes qui se voudraient fortes. Malachi comme son partenaire David Walker (qui sera parfois jouable) ont effectivement cette curieuse manière de se déplacer le buste en avant, dans un angle improbable, donnant à vos brillants héros l’aspect d’une poule ataraxique, qui aurait la fâcheuse tendance d’avoir les pieds qui s’enfoncent dans le sol. Ataraxique car les déplacements sont particulièrement imprécis et d’une lourdeur incroyable. Les pieds dans le sol en raison des nombreux bugs qui donnent régulièrement cette sensation que vos personnages ne sont jamais vraiment en phase avec le sol, leurs guibolles passant régulièrement sous le plancher des vaches.

Même constat du côté de la direction artistique qui est carrément inexistante. Du menu futuriste à l’interface peu ergonomique en passant par les décors pas inspirés et les arrière-plans parfois franchement dégueulasses, Moebius : Empire Rising ressemble davantage à un collage maladroit entre plusieurs styles glanés ici et là, sans jamais que le titre ne parviennent à trouver sa griffe, faute de cohérence esthétique. Un grand bond en arrière a également été fait du point de vue réalisation, particulièrement datée et conférant au jeu une dimension comique et kitsch qui n’était manifestement pas voulue au départ. Si l’on aurait pu accepter les musiques vieillottes, les cutscenes d’action vraiment cheap dans un jeu qui assumerait son côté série Z, la pilule est plus difficile à passer chez un Moebius qui tente vainement d’adopter un ton sérieux et dramatique.

Si tout ce qui précède concerne essentiellement le visuel et l’auditif, le gameplay de Moebius n’est pas en reste puisqu’il adopte des mécaniques de jeu particulièrement mal maîtrisées pour un genre qui est pourtant solidement installé depuis des lustres et dont la prise en main ne peut décemment échapper à certains codes sous peine d’en devenir frustrante. Un clic sur un élément interactif où un personnage ouvre une (affreuse) roue vous permettant de dialoguer, de donner un objet ou encore d’analyser mais nous reviendrons plus tard sur ce point. Jusque-là rien d’anormal. C’est essentiellement lorsque vous vous trouverez confronté aux énigmes les plus classiques (trouver des objets, les combiner puis les utiliser) que Moebius frôle l’amateurisme. Alors que la plupart des point’n click permettent de récolter des objets qui vous serviront plus tard à mesure que vous les croisez, Malachi lui, attendra sagement qu’une énigme se présente à lui pour qu’il vous soit possible de ramasser l’élément correspondant à sa résolution. Par exemple, vous voyez un cintre dans l’armoire de votre hôtel et tentez de le récupérer. Votre héros s’y refuse jusqu’à ce que, une demi-heure plus tard, il se rende compte qu’un crochet serait bien utile pour allumer cette lampe inaccessible. Retour à la chambre d’hôtel pour récupérer le cintre puis retour à la lampe. Il en va ainsi pour la quasi-totalité des énigmes.

Déjà que les allers-retours dans les point’n click ne constituent pas les phases de jeu les plus agréables, les multiplier de la sorte simplement parce que les objets récupérables ne le deviennent vraiment qu’une fois Rector confronté à une énigme est particulièrement pénible, voire désespérant lorsque l’on sait que les déplacements sur Moebius se font dans la douleur. De plus, de multiples incohérences viennent entacher la qualité de ce type d’énigmes, faisant très régulièrement passer Malachi, si intelligent sur le papier, pour le dernier des imbéciles. On a le sentiment que le studio Pinkerton Road a jalonné son aventure d’énigmes traditionnelles parce qu’il « fallait bien en mettre» et non pour mettre votre matière grise à rude épreuve. Par ailleurs, si la plupart des énigmes sont bien trop faciles (Malachi s’offrant en plus le luxe de vous souffler la solution d’une manière beaucoup trop évidente, le mal des point’n click modernes), d’autres sont beaucoup plus laborieuses, non pas parce qu’elles sont difficiles, simplement parce qu’elles sont désagréables et peu pratiques à réaliser.

On pourrait presque pardonner tant d’écueils sur une production au budget limité si l’intrigue était servie par des dialogues percutants et des héros charismatiques. Que nenni. Les dialogues sont globalement plats, les héros beaucoup moins malins qu’on voudrait nous le faire croire et si l’on tente vainement de nous vendre Malachi comme un individu solitaire, extrêmement brillant et asocial, la qualité d’écriture ne permet pas de donner corps au charisme du personnage. Si quelques lignes de dialogue sont plutôt bien senties, elles sont malheureusement perdues dans la masse et trop ponctuelles pour rectifier le tir. On se soucie finalement peu du sort de l’antiquaire qui, en dépit de son kit cliché du parfait petit antihéros, ne parvient pas à gagner le respect ou l'affection du joueur.

Soyons toutefois indulgents, car au-delà de ses nombreux défauts, Moebius : Empire Rising fait preuve d’une volonté manifeste d’apporter des éléments rafraîchissants à son gameplay. L’un des points forts du titre résidant dans les capacités d’analyse de Malachi. Lorsque vous croisez un personnage et que vous interagissez avec lui, vous débloquez un onglet vous permettant d’en brosser le portrait psychologique. Vous accédez à une fenêtre présentant ses principales caractéristiques extérieures : mains portant des cicatrices, vêtements chics ou déchirés, etc. A vous alors de choisir parmi les trois éléments associés à chaque caractéristique pour déterminer la psychologie du personnage en face de vous. Si vous associez chaque élément à la bonne analyse, vous pourrez continuer votre aventure ou débloquer de nouvelles interactions. Il en va de même pour l’analyse d’objets historiques. Pas spécialement compliquées, ces phases sont néanmoins agréables et amusantes à pratiquer, même si certaines conclusions sont un peu tirées par les cheveux.

La partie la plus agréable réside surtout dans les phases au cours desquelles vous devez chercher les correspondances entre la vie d’un individu et celle d'un personnage historique. En fonction des informations récoltées au cours de votre enquête et de vos connaissances, vous devez éliminer par analogie les figures historiques qui ne correspondent pas aux critères de la vie d'un personnage contemporain. Bien que très faciles à mener à bien, ces petites phases de déduction sont plaisantes et instructives. Par ailleurs, on voyage beaucoup dans Moebius : Empire Rising. New York, Le Caire, Paris, les découvertes de Malachi le mèneront dans de nombreux endroits différents garantissant au titre un certain dynamisme évitant le sentiment de lassitude. Par ailleurs, en dépit de sa narration bancale, l'histoire s'avère intéressante, même si les réponses que nous obtenons à la fin des 7 chapitres du jeu font légèrement retomber le soufflet d'une intrigue que l'on espérait plus retorse.

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Catégorie : Jeux PC
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